"La chanson est expansion dans le passé, la photo finitude. La chanson est le sentiment heureux du temps, la photo son tragique. J'ai souvent pensé qu'on pourrait raconter toute sa vie seulement avec des chansons et des photos"

Annie Ernaux




samedi 15 mai 2010

On ne s'en lasse pas ! (enfin juste moi :-)

Cette fois-ci, j'avais envie de vous endormir avec la scène de la douche (pas celle de Gym tonic bien sûr :-) de Psychose d'Hitchcock. Juste pour vous montrer à quel point c'est réfléchi et fabuleux et vous expliquer pourquoi vous aussi vous l'adorez :-)

D'abord il y a l'intelligence des points de vue utilisés. Le spectateur occupe tout d'abord la place du voyeur (possédant en plus une longueur d'avance sur le personnage car il aperçoit le premier l'ombre derrière le rideau), puis celle de la victime (point de vue de l'héroïne devant sa mort) et enfin celle du bourreau (point de vue du meurtrier) qui s'apprête à la hacher menu menu ! C'est une technique parfaite pour ménager le suspense et nous désorienter non ?

Après, plus formellement, vous verrez que l'espace est frappé par les lignes obliques (jet d'eau et coups de couteau) et sculpté en grande partie par le jeu de lumière. C'est une technique parfaite pour mettre le focus sur un point précis non ?

Enfin dernière chose à remarquer: c'est l'habitacle de la douche qui forme un cercle qui enferme Marion Crane ; le rideau de douche jouerait le rôle de linceul... C'est une technique parfaite pour nous dire qu'elle va à l'évidence mal finir non ?

Sachez que la plus importante allusion à cette scène est à chercher dans "Pulsions" de Brian de Palma, mais l'ingéniosité de ce dernier réside dans le fait qu'il "distille" cette référence sur deux séquences différentes :
- la première est aussi une scène de douche certes moins violente :-) où Kate Miller regarde son mari Mike se raser et où elle prend plaisir à être sous l'eau (comme le suggérait Hitchcock avec Janet Leigh).
- la seconde est dans la scène du célèbre meurtre dans l'ascenseur, même si la première grande différence réside dans le fait que de Palma monte au montage des plans qui mettent en lumière le contact du métal du rasoir et de la peau de la victime, alors qu'Hitchcock ne faisait que le suggérer en coupant les plans, et même si la seconde grande différence est que de Palma ajoute un témoin en la personne de la call girl

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