Si, comme votre humble panda de compagnie, vous vous intéressez au cinéma et à son histoire, vous ne pouvez pas passer à côté de ce film de Dziga Vertov qui fait date.
C'est un film muet de 1929 qui montre tout simplement le quotidien de Russes.
Jusque là, rien d'exceptionnel, allez-vous me dire :-) Mais ce qui suit, l'est !
Pour aborder ce film, il faut oublier les récits et montages "classiques" du cinéma actuel notamment ! En effet, Vertov invente un nouveau langage cinématographique, autonome qui refuse le modèle du film basé sur une intrigue. Et ce sont d'ailleurs pour les nombreuses techniques utilisées que ce film est resté célèbre.
Ce film n'est que mouvement permanent (rendez-vous compte aussi de la prouesse technique pour l'époque !). Chaque plan a sa propre dynamique. Vertov ne conçoit pas son film dans une suite logique et linéaire, mais dans un "empilement" de plans.
En cela, son film relève du mouvement littéraire et artistique futuriste, né en Italie au tout début du 20e siècle, qui célèbre le monde moderne, industriel et urbain, mais il s'inscrit aussi dans les recherches russes du constructivisme, né aussi à la même période et axé sur la construction géométrique de l'espace (utilisant essentiellement le cercle, le rectangle et la ligne droite). Ces deux mouvements avaient un but commun : exclure le réel de l'oeuvre comme Vertov l'a fait avec ce film.
Il développa d'ailleurs sa théorie à travers son concept de "ciné-oeil" dont en voici un extrait :
"Je suis un oeil. Un oeil mécanique. Moi, c'est-à-dire la machine, je suis la machine qui vous montre le monde comme elle seule peut le voir. Désormais je serai libéré de l'immobilité humaine. Je suis en perpétuel mouvement. Je m'approche des choses, je m'en éloigne. Je me glisse sous elles, j'entre en elles... Voilà ce que je suis, une machine tournant avec des manoeuvres chaotiques, enregistrant les mouvements les uns derrière les autres, les assemblant en fatras. Libérée des frontières du temps et de l'espace, j'organise comme je le souhaite chaque point de l'univers. Ma voie est celle d'une nouvelle conception du monde. Je vous fais découvrir le monde que vous ne connaissez pas."
A noter aussi la mise en abyme dans le film, qui permet d'une part, de voir l'opérateur tournant le film, d'autre part, le montage d'une séquence de ce même film, et enfin, le public regardant ce film sur grand écran.
Tout ceci donne au final, un résultat étrange qu'on pourrait qualifier de "conceptuel", fait d'une succession d'images sans lien direct entre elles (si ce n'est la récurrence du mouvement), où l'on perçoit techniquement le remarquable travail de montage de Vertov, et formellement, la rupture avec le schéma linéaire traditionnel. Et c'est précisément là que se situe le génie de ce cinéaste soviétique d'avant-garde.
Et si j'ai une affection particulière pour ce film, c'est aussi parce qu'un féru de cinéma, avec qui nous avions réalisé un "gentil" court-métrage il y a quelques années de cela (que certains ont eu l'immense privilège de voir :-), m'avait affublé, dans le générique de fin, du nom de "L'homme à la caméra". N'est-ce-pas un terrible compliment pour le panda que je suis ? ;-)
L'homme à la caméra - Dziga Vertov (1929).
C'est un film muet de 1929 qui montre tout simplement le quotidien de Russes.
Jusque là, rien d'exceptionnel, allez-vous me dire :-) Mais ce qui suit, l'est !
Pour aborder ce film, il faut oublier les récits et montages "classiques" du cinéma actuel notamment ! En effet, Vertov invente un nouveau langage cinématographique, autonome qui refuse le modèle du film basé sur une intrigue. Et ce sont d'ailleurs pour les nombreuses techniques utilisées que ce film est resté célèbre.
Ce film n'est que mouvement permanent (rendez-vous compte aussi de la prouesse technique pour l'époque !). Chaque plan a sa propre dynamique. Vertov ne conçoit pas son film dans une suite logique et linéaire, mais dans un "empilement" de plans.
En cela, son film relève du mouvement littéraire et artistique futuriste, né en Italie au tout début du 20e siècle, qui célèbre le monde moderne, industriel et urbain, mais il s'inscrit aussi dans les recherches russes du constructivisme, né aussi à la même période et axé sur la construction géométrique de l'espace (utilisant essentiellement le cercle, le rectangle et la ligne droite). Ces deux mouvements avaient un but commun : exclure le réel de l'oeuvre comme Vertov l'a fait avec ce film.
Il développa d'ailleurs sa théorie à travers son concept de "ciné-oeil" dont en voici un extrait :
"Je suis un oeil. Un oeil mécanique. Moi, c'est-à-dire la machine, je suis la machine qui vous montre le monde comme elle seule peut le voir. Désormais je serai libéré de l'immobilité humaine. Je suis en perpétuel mouvement. Je m'approche des choses, je m'en éloigne. Je me glisse sous elles, j'entre en elles... Voilà ce que je suis, une machine tournant avec des manoeuvres chaotiques, enregistrant les mouvements les uns derrière les autres, les assemblant en fatras. Libérée des frontières du temps et de l'espace, j'organise comme je le souhaite chaque point de l'univers. Ma voie est celle d'une nouvelle conception du monde. Je vous fais découvrir le monde que vous ne connaissez pas."
A noter aussi la mise en abyme dans le film, qui permet d'une part, de voir l'opérateur tournant le film, d'autre part, le montage d'une séquence de ce même film, et enfin, le public regardant ce film sur grand écran.
Tout ceci donne au final, un résultat étrange qu'on pourrait qualifier de "conceptuel", fait d'une succession d'images sans lien direct entre elles (si ce n'est la récurrence du mouvement), où l'on perçoit techniquement le remarquable travail de montage de Vertov, et formellement, la rupture avec le schéma linéaire traditionnel. Et c'est précisément là que se situe le génie de ce cinéaste soviétique d'avant-garde.
Et si j'ai une affection particulière pour ce film, c'est aussi parce qu'un féru de cinéma, avec qui nous avions réalisé un "gentil" court-métrage il y a quelques années de cela (que certains ont eu l'immense privilège de voir :-), m'avait affublé, dans le générique de fin, du nom de "L'homme à la caméra". N'est-ce-pas un terrible compliment pour le panda que je suis ? ;-)
L'homme à la caméra - Dziga Vertov (1929).
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