"La chanson est expansion dans le passé, la photo finitude. La chanson est le sentiment heureux du temps, la photo son tragique. J'ai souvent pensé qu'on pourrait raconter toute sa vie seulement avec des chansons et des photos"

Annie Ernaux




jeudi 6 janvier 2011

Le cuirassé Potemkine

Le Cuirassé Potemkine est un film soviétique muet réalisé par Eisenstein, sorti en 1925. Le réalisateur a cherché à reconstituer des évènements réels qui s'étaient produits vingt ans plus tôt lors de la première révolution russe, lorsque le Tsar Nicolas II avait perdu la guerre entreprise contre le Japon. Alors que le peuple de St-Petersbourg était descendu dans la rue le 9 janvier 1905, Nicolas II ordonna à l'armée de tirer sur la foule. Il y eut un grand nombre de victimes. Le peuple soviétique prit les armes et partout éclatèrent des révoltes.
Eisenstein choisit ici de dépeindre la mutinerie du cuirassé Potemkine, révolte de marins qui éclata le 27 juin 1905. Cet évènement a été considéré par la suite comme l'un des signes avant-coureurs de la Révolution de 1917.
Tourné à Odessa en décor naturel et en quelques semaines, Eisenstein fit tourner les marins de la flotte et la population d'Odessa.
L'extrait que je vous propose est évidemment le plus connu, mais c'est surtout parce qu'il permet de mesurer le génie d'Eisenstein.
Je me régale des cadrages hallucinants et des lignes directrices. Alternent des plans où les lignes droites des escaliers "contiennent" la foule qui descend, entremêlés par des plans forts sur des visages aux expressions graves, ou sur des images frappantes. Les plans sont majoritairement filmés en plongée (pour nous montrer la foule qui fuit et l'armée qui passe comme un rouleau compresseur), jusqu'à ce que cette mère, portant son fils blessé, viennent implorer les militaires. Peine perdue, elle est mitraillée et les plans en plongée recommencent. Et quand ce ne sont pas les plans, ce sont les lignes formées par les baïonnettes qui prennent le relais.

Il y a un autre point sur lequel il est important de nous focaliser. Il ne faut pas être grand connaisseur pour réaliser que filmer une telle scène en décor naturel avec une telle foule de personnes à diriger, n'est pas chose aisée. La scène a dû être à l'évidence recommencée de nombreuses fois et la quantité de rushes qui a été enregistrée a dû être astronomique. Et c'est là que commence le fabuleux travail de montage qu'a fait Einsenstein. En replacant bien évidemment ce travail dans son contexte technique de l'époque, je crois n'avoir jamais vu un montage avec une telle rythmique. C'est au travers du montage que les enjeux de l'histoire racontée par Eisenstein, nous sont montrés et non par le jeu des acteurs ou des des intertitres.






Si vous voulez plus d'infos sur ce film, c'est ici :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Cuirass%C3%A9_Potemkine

1 commentaire:

  1. On nous avait montré ce film au collège et cette fameuse scène de l'escalier d'Odessa m'avait profondément marqué. J'ai vu un spectacle lors du festival international de théâtre de rue d'Aurillac en 2008 qui s'est inspiré de cette scène en faisant dégringoler des ressorts sur une pente. La troupe s'appelle Bétontanc et elle était accompagné du groupe Ez3kiel.Petit extrait vidéo de la représentation : http://www.dailymotion.com/video/x6jhwn_betontanc-ezekiel_creation

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